dimanche 25 juillet 2010

postulat

L'admiration n'a pas bonne réputation. "L'admiration est plus facile que le respect, que l'estime, l'admiration est le propre de l'imbécile." (Thomas Bernhard). Elle peut même être vue comme une "façon commode de faire croire qu'on a compris." (Albert Brie).
Si l'on reprend le vieux bon Lalande (dictionnaire de philosophie), Aristote et Spinoza soulignaient que "le vulgaire admire que les choses soient comme elles sont, le savant admirerait qu'elles fussent autrement...".
Descartes lui situe l'admiration comme "la passion fondamentale du philosophe". Il s'agit d'abord d'une surprise qui provoque la recherche et reste l'âme de la philosophie parce qu'il faut toujours pouvoir s'étonner...".
Cela renvoie au poème de Lucien Jacques "Je crois en l'homme". Admirer c'est croire en l'homme. Ce n'est pas rester béat face à des modèles inégalables. C'est prendre des leçons de vie et courage. C'est se mettre en marche vers l'autre et vers soi même. C'est tout simplement remercier...
Mais suppose encore le respect et l'affirmation de soi... et ce principe : en chacun d'entre nous existe cette part admirable, qu'il faut parfois aller débusquer, chercher profond sous les masques, l'habitus, la violence ou le mépris...
Ainsi, admirer sera remercier et se souvenir. Cet exercice délicat pourra tout aussi bien concerner des proches, des inconnus, des enfants, des adultes...
Point de grand homme dans mon esprit qui ne soit admirable sans comprendre sa fragilité même, ce risque prit d'une parole osée, d'une différence.
Voilà ce que je vais essayer ici. Curieux de l'autre... Comme le rappelle Orsenna, "être curieux vient du latin curare qui veut dire prendre soin de l'autre"...